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Phytostérols

Ces substances, que l’on ne trouve que dans les légumes, peuvent aider à réduire le « mauvais » cholestérol de l’organisme. Les phytostérols et les phytostanols sont les équivalents du cholestérol chez les végétaux. En mangeant des fruits, des légumes et des huiles végétales, nous en consommons entre 100 et 300 mg par jour. Parmi ces substances, la plus répandue est le bêta-sitostérol. Les phytostérols et les phytostanols ne sont quasiment pas absorbés par notre tube digestif. Leur action se fait directement sur les aliments ingérés

Que sont les phytostérols ?

Les phytostérols, ou stérols végétaux, sont des composants présents dans les aliments végétaux qui, lorsqu’ils sont consommés régulièrement, agissent dans l’intestin et peuvent réduire l’absorption du mauvais cholestérol (LDL).

Ce sont des molécules semblables au cholestérol que l’on trouve dans les plantes, comme les céréales complètes, les fruits, les légumineuses et autres légumes. Cependant, le cholestérol, qui fait également partie de la membrane cellulaire de l’organisme, ne se trouve que dans les aliments d’origine animale, comme la viande rouge, les œufs ou le beurre.

Les bienfaits des phytostérols

  1. Ils font partie des cellules : la fonction principale des phytostérols dans les plantes est similaire à celle du cholestérol chez les animaux : ils font partie de la structure de la membrane cellulaire.
  1. Ils sont bons pour le cœur : selon le Livre blanc sur les stérols végétaux, une augmentation de la consommation de ces derniers peut contribuer à protéger les personnes atteintes d’hypercholestérolémie, d’athérosclérose et de maladies cardiovasculaires, la principale cause de mortalité dans les pays les plus développés.
  1. Ils améliorent l’état des artères : selon une étude publiée dans Lipidology, augmenter sa consommation de phytostérols pourrait contribuer à réduire le risque de développer des maladies coronaires ou des artères.
  1. Ils diminuent le mauvais cholestérol : plusieurs études ont indiqué que consommer 2 grammes de phytostérols par jour peut réduire les lipoprotéines de basse densité (LDL ou « mauvais » cholestérol) jusqu’à 10 %. De plus, les phytostérols ne semblent pas affecter les taux de lipoprotéines de haute densité (HDL ou « bon » cholestérol).

Les aliments riches en phytostérols

Pratiquement tous les aliments végétaux contiennent des quantités importantes de stérols végétaux. La source la plus concentrée sont les huiles, comme celles de maïs, de tournesol, de soja et de colza (qui contiennent entre 0,1 % et 0,8 %). Mais on les retrouve aussi dans les légumineuses (0,2 %) et, dans une moindre mesure, dans les fruits secs, le pain et les légumes.

Une personne qui consomme 30 g d’huile de maïs par jour ingère environ 300 mg de stérols végétaux, une quantité qui s’est avérée efficace pour réduire l’absorption du cholestérol.

Dans les régimes alimentaires occidentaux, l’apport quotidien de ces substances est estimé à environ 150-400 mg, soit à peu près la même quantité que l’apport en cholestérol, et il est plus élevé dans certains régimes végétariens et dans l’alimentation japonaise, qui peut atteindre 300-500 mg/jour.

La liste suivante comprend les aliments contenant des phytostérols, par ordre de teneur, de la plus forte à la plus faible, et par 100 grammes :

Huile de maïs 952

Huile de tournesol 725

Huile d’olive 176

Amandes 143

Haricots 76

Maïs 70

Blé 69

Laitue 38

Banane 16

Pomme 12

Il a été démontré que ces aliments peuvent avoir des effets bénéfiques sur l’organisme et aider à faire baisser le taux de cholestérol lorsqu’ils sont associés à une alimentation adaptée (riche en aliments végétaux) et à une activité physique régulière.

Quantités de phytostérols présentes dans les aliments courants.(exprimées en mg pour 100 g d’éléments consommables)


Décision des autorités de santé
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des compléments alimentaires contenant des phytostérols. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits ne peuvent PAS prétendre contribuer au fonctionnement normal de la prostate et des voies urinaires.Cette revendication d’effet est désormais interdite pour les compléments alimentaires contenant des phytostérols.En 2014, les autorités sanitaires européennes ont reconnu les allégations des phytostanols et des phytostérols pour abaisser/réduire le taux de cholestérol sanguin. Pour ces autorités, le consommateur doit être informé que l’effet bénéfique est obtenu par la consommation journalière de 1,5 à 3 g de stanols/stérols végétaux. L’ampleur de l’effet peut être mentionnée uniquement pour les denrées alimentaires des catégories suivantes: les matières grasses à tartiner, les produits laitiers, la mayonnaise et les sauces pour salades.Lorsqu’il est fait référence à l’ampleur de l’effet, la fourchette « de 7 à 10 % », pour les denrées alimentaires garantissant une consommation journalière de 1,5 à 2,4 g de stanols/stérols végétaux, ou la fourchette « de 10 à 12,5 % », pour celles garantissant une consommation journalière de 2,5 à 3 g, ainsi que la durée nécessaire pour obtenir l’effet (« en 2 à 3 semaines ») doivent être communiquées au consommateur.En 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a émis un avis scientifique qui, sans remettre en cause l’effet des aliments enrichis en phytostérols sur le taux sanguin de cholestérol, précise qu’aucune étude n’a mis en évidence leur effet préventif sur les maladies cardiovasculaires. De plus, elle conseille aux consommateurs de ces produits de veiller à manger au moins cinq fruits et légumes par jour afin de compenser la baisse du taux sanguin de béta-carotène résultant de la consommation de ces produits.

Usages et propriétés supposées des phytostérols et des phytostanols

image: https://eurekasante.vidal.fr/files/content/images/vidal/photos/2665193.jpg

épi de maïs

Les phytostérols et les phytostanols sont utilisés pour faire baisser le taux de cholestérol dans le sang, en association avec des mesures diététiques adaptées et, éventuellement, des médicaments. Depuis 2000, de nombreux aliments tels que margarines, beurres, yaourts, laits ou boissons lactées, sont enrichis avec ces substances. Ces aliments sont destinés aux personnes qui ont des taux de cholestérol sanguin élevés.

Les policosanols
Les policosanols, et en particulier l’octosanol, sont des substances extraites de la cire de canne à sucre. Différentes des phytostérols et des phytostanols, elles revendiquent néanmoins les mêmes propriétés sur les taux de cholestérol. Employées à la dose de 10 mg par jour, elles sont utilisées comme médicament dans plusieurs pays d’Amérique centrale et du Sud pour diminuer les taux sanguins de cholestérol LDL.
Dotées de propriétés anticoagulantes, elles ne doivent pas être utilisées par les personnes qui reçoivent un traitement fluidifiant le sang, du ginkgo, de l’ail, des huiles de poisson ou qui vont subir une intervention chirurgicale.

Quelle efficacité pour les phytostérols et les phytostanols ?

Les effets des phytostérols et des phytostanols sur les taux de cholestérol ont été amplement démontrés. Ils agissent en bloquant l’absorption d’une partie du cholestérol contenu dans les aliments. Cependant, les produits enrichis en ces substances ne peuvent pas affirmer, sur leur emballage, que ces produits contribuent directement à la prévention des maladies cardiovasculaires, en l’état des données disponibles (recommandation ANSES 06/2014). Associés à un régime adapté, ils entraînent une baisse de 10 à 15 % du taux sanguin de cholestérol LDL (« mauvais cholestérol »).

Précautions à prendre avec les phytostérols et les phytostanols

Les femmes enceintes ou celles qui allaitent, ainsi que les jeunes enfants, doivent s’abstenir de consommer des produits riches en phytostérols ou en phytostanols. En effet, ces substances pourraient diminuer l’absorption de la vitamine A, nécessaire à la croissance du fœtus et des enfants.

Les personnes traitées contre l’excès de cholestérol avec de l’ézétimibe (Ezétrol, Inegy) doivent être prudentes : ce médicament possède le même mécanisme d’action que les phytostérols et des interactions entre les deux substances pourraient nuire à leur efficacité. Les personnes traitées contre l’excès de cholestérol avec des statines (Crestor, Elisor, Fractal, Fractal LP, Lescol, Lescol LP, Lodalès, Pravastatine Génériques, Simvastatine Génériques, Tahor, Vasten, Zocor) doivent se renseigner auprès de leur médecin avant de consommer des aliments enrichis en phytostérols ou en phytostanols. De fait, ces substances semblent augmenter les effets des statines, ce qui peut justifier une adaptation du traitement.

Enfin, les personnes atteintes de phytostérolémie (ou sitostérolémie) ou de xanthomatose cérébrotendineuse, deux maladies rares, doivent éviter de consommer des phytostérols et des phytostanols.

Les effets indésirables des phytostérols et des phytostanols sont rares. On observe parfois des troubles digestifs, des gaz, une diarrhée ou une constipation. Attention, un excès de ces substances pourrait diminuer l’absorption de vitamines A, D, E et K, ainsi que celle de substances antioxydantes comme le bêta-carotène ou le lycopène.

Origine, formes et dosage des phytostérols et des phytostanols

Les phytostérols et les phytostanols sont extraits de certaines huiles végétales (soja, maïs, tournesol, etc.) ainsi que d’une plante d’Afrique du Sud (Hypoxis rooperi) ou d’un liquide visqueux dérivé de la fabrication de la pâte à papier, le tall-oil, issu de la pulpe de pin.

Ils sont le plus souvent ajoutés à des produits laitiers et à des matières grasses (sous les marques Pro-activ de Fruit d’Or, et Ilô de Saint-Hubert). On les trouve parfois en capsules ou en gélules qui doivent être prises pendant les repas.

Dans le cadre de la prévention de l’excès de cholestérol, les doses conseillées sont de l’ordre de 1 à 2 g par jour, en tenant compte de la quantité apportée par l’alimentation habituelle.

L’avis du spécialiste sur les phytostérols et les phytostanols
Attention, la consommation de produits enrichis en phytostérols et en phytostanols ne dispense pas de mesures diététiques appropriées.

SYNTHESE VEGETALE DES STANOLS

Chez les végétaux, la voie de biosynthèse des phytostérols est assurée par une trentaine de réactions enzymatiques. Elle peut être divisée en quatre étapes dont les trois premières sont identiques à la biosynthèse du cholestérol chez les mammifères, seule la dernière diffère (53). Les phytostérols sont exclusivement synthétisés dans le cytoplasme.

Chez les végétaux, les stanols, sitostanol et campestanol, sont formés à partir des stérols par saturation de la double liaison en A5. Les végétaux fabriquent tous les phytostérols en quantités variables mais toujours avec une prédominance des stérols par rapport aux stanols. Ainsi, seule cette dernière étape diffère de la biosynthèse du cholestérol puisque dans le règne animal, le squalène se cyclise pour former le lanostérol qui, après perte de trois groupements méthyle, forme le cholestérol.

Analogie : Synthèse des phytostérols et cholestérols

Mécanisme d’action des stanols végétaux

Les stanols végétaux diminuent les concentrations plasmatiques de cholestérol total et de LDL-cholestérol par inhibition de l’absorption intestinale du cholestérol alimentaire et biliaire chez l’animal et chez l’Homme (56) :

  • en diminuant sa captation,
  • en particulier la solubilité du cholestérol dans les micelles intestinales,
  • en augmentant son excrétion par la bile.

Cette inhibition est assurée par la grande similitude de leurs propriétés physico-chimiques avec celles du cholestérol (48).

Effets des stanols végétaux sur les lipides

Les stanols réduisent les concentrations sériques de cholestérol total et de LDL-cholestérol, respectivement de 15 % et de 20 % (53).

Plusieurs mécanismes sont responsables de ces résultats :

  • une réduction de l’absorption intestinale du cholestérol (- 45 %),
  • une augmentation de son excrétion dans les féces (+ 32 %),
  • une augmentation de sa sécrétion biliaire (+ 10 %), malgré une stimulation de sa biosynthèse hépatique (+ 15 %) (53).

Par contre, les stanols n’ont pas d’impact sur les autres lipoprotéines:

  • en particulier, les taux de triglycérides ne varient (43).
  • De même, ils n’affectent pas le lIDL-cholestérol (53), bien que certaines études aient montré une augmentation de sa concentration (+ II %) (43).

Ce constat est très intéressant car, à l’inverse des stanols, un régime alimentaire hypocholestérolémiant entraîne une réduction du HDL-cholestérol, le « bon cholestérol ». En conséquence, le rapport LDL-cholestérol/HDL-cholestérol est diminué, entraînant une réduction potentielle de l’athérogénicité des lipoprotéines (48).

Seule la concentration d’apoB est réduite, dans les mêmes proportions que le LDL-cholestérol (- 5-6 %), car les lipoprotéines LDL en sont les principaux transporteurs (19).

Dose journalière de stanols végétaux

Comme ]’effet hypocholestérolémiant des stanols est basé sur la compétition avec le cholestérol pour l’incorporation dans les micelles, lorsque les stanols sont présents dans l’intestin en quantités plus importantes que le cholestérol, aucun bénéfice clinique supplémentaire n’est obtenu, même si les doses de stanols sont augmentées (20). Chez un adulte, 1000 à 1500 mg de cholestérol, d’origine biliaire ou alimentaire, entre dans la lumière intestinale chaque jour.

Par conséquent, on estime que la saturation des micelles par les stanols est totale pour des doses journalières de 2-3 g de stanols (20). De plus, les doses élevées de stanols semblent entraîner des effets similaires aux fibres alimentaires solubles sur l’émulsification des lipides et la lipolyse, en raison de leur importante viscosité (83). En effet, les stanols sont dix fois plus visqueux que les graisses alimentaires à température ambiante.

Les fibres alimentaires solubles augmentent la viscosité des contenus gastrique et intestinal. Cette hyperviscosité affecte l’ émulsification des graisses et l’activité des lipases et, par conséquent, diminue l’absorption intestinale des lipides (83). Toutefois, cette propriété, pouvant hypocholestérolémiant des stanols à doses élevées, étudiée (83). potentialiser l’effet doit être plus amplement.

Répartition journalière des doses de stanols végétaux

Les stanols réduisent la solubilité micellaire du cholestérol et diminuent par conséquent son absorption intestinale. Ce mécanisme d’action suggère que les stanols doivent être consommés à chaque repas pour obtenir un effet hypocholestérolémiant maximal (59). Ainsi, Plat et al. ont étudié les effets d’une consommation journalière de 2,5 g de stanols (59).

La dose de stanols étant consommée au cours d’un repas unique (au dîner) ou répartie sur les trois repas (0,4 g au petit déjeuner, 0,8 g au déjeuner et 1,2 g au dîner; de cette façon, la répartition est identique à celle du cholestérol alimentaire). Cette étude indique que la prise de stanols au dîner entraîne une réduction du LDL-cholestérol similaire à celle obtenue avec la même dose répartie sur les trois repas.

Ces résultats suggèrent que, pour réduire les concentrations de LDLcholestérol, il n’est pas nécessaire de consommer des produits riches en stanols à chaque repas ou simultanément à la prise de cholestérol alimentaire, ce qui permet de vaner les repas et d’augmenter la compliance des consommateurs potentiels (59). Les stanols demeurent donc actifs plusieurs heures dans l’intestin.

Deux hypothèses peuvent expliquer ces données: soit les stanols restent dans la lumière intestinale, soit ils sont incorporés temporairement aux entérocytes, puis libérés dans la lumière intestinale après quelques heures. Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour connaître la durée d’action des stanols dans l’intestin (59).

Durée de l’efficacité des stanols végétaux

Les études cliniques indiquent que l’effet hypocholestérolémiant des stanols apparaît dès la seconde semaine de traitement, et que les concentrations sériques de cholestérol total et de LDL-cholestérol retrouvent leurs valeurs initiales deux semaines après l’arrêt de la consommation de stanols (19)

Pourcentage d’absorption (du plus faible au plus élevé) :

  • + Cholestérol
  • Campestérol
  • Campestanol
  • Stigmastérol
  • Sitostérol
  • Sitostanol

Ainsi, le sitostanol est pratiquement non absorbé alors que le sitostérol est absorbé à un faible degré. Il en est de même pour le campestanol, qui est très peu absorbé par rapport au campestérol.

Références:

  • Phytosterols and cholesterol metabolism. Curr Opin Lipidol. 2004 Feb. PubMed.
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